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Emmanuel Wallon

Orientations et activités de recherche

mars 2010, par EW

Axes de recherche

- Politiques et pratiques culturelles dans le monde contemporain. Relations entre les arts et les pouvoirs en France et en Europe aux XXe et XXIe siècles.
- Espaces, figures et formes de la représentation ; articulation du domaine politique et du champ artistique ; sociologie politique de la création et de la réception des œuvres d’art.
- Modes de production, circuits de diffusion et publics des arts de la scène, le théâtre et spectacles.
- Institutions culturelles et industries culturelles.
- Problèmes d’éducation artistique.

Principales activités

- Analyse de l’environnement politique, économique et social de la création artistique en général et des arts du spectacle en particulier, dans une perspective comparatiste au niveau européen.
- Direction de travaux de recherche en science politique, en sociologie et en études théâtrales, de la maîtrise au doctorat, sur les questions relatives aux rapports entre création artistique et pouvoirs publics.
- Collaboration à des programmes d’étude et de recherche associant le ministère de la Culture et des organismes relevant de sa tutelle ou des collectivités territoriales.
- Participation active à des programmes de recherche et à des colloques internationaux concernant les échanges artistiques, la diplomatie culturelle, la représentation des conflits et des violences du XXe siècle, les conditions politiques et économiques de la création artistique et les modalités sociales de la réception des œuvres.

Mes activités de recherche se sont déployées sur deux plans distincts, mais articulés l’un à l’autre. L’étude des rapports entre les arts et les pouvoirs dans le XXe siècle européen reste prioritaire. Elle s’applique plus spécifiquement au domaine théâtral, ne serait-ce qu’en raison du rôle éminent que les gens de scène jouèrent hier et revendiquent encore dans la formulation des exigences publiques à l’égard de la culture. Parmi les genres voisins, la danse, le cirque, les arts de la rue et des marionnettes font l’objet d’une attention aiguë car leur reconnaissance officielle est allée de pair avec leur renouveau esthétique. L’examen du lien entre expression artistique et identité culturelle - c’est-à-dire entre représentations singulières, mémoire individuelle et histoire collective - m’occupe dans une moindre mesure. La forte sensibilité de ces thèmes dans les pays du centre et du sud-est du continent européen motive toutefois quelques contributions.

Le premier domaine demeurait en large part inexploré lorsque j’ai dirigé le recueil L’artiste, le prince, Pouvoirs publics et création (Presses universitaires de Grenoble, 1991). Il relève maintenant d’une spécialité consacrée par de nombreux ouvrages, dont le Dictionnaire des politiques culturelles en France depuis 1945 (E. de Waresquiel [dir.], Paris : Larousse et CNRS Éditions, 2001) pour lequel j’ai fourni une vingtaine d’articles de fond.

Dans les publications suivantes, j’ai approfondi mes travaux sur les étapes historiques de l’intervention des collectivités publiques dans le champ culturel, sur les modalités concrètes de celle-ci vis-à-vis du théâtre et des autres arts du spectacle, sur les intérêts économiques et sociaux ou les influences idéologiques que reflètent les décisions administratives et budgétaires dans des matières où règne une forte subjectivité. Un ample examen des archives, ainsi que de multiples rencontres avec les acteurs - auteurs, artistes, interprètes, pédagogues, administrateurs, responsables d’établissements culturels et d’associations - ont permis de préciser ou d’éclairer ce qu’on pensait déjà savoir des choix des autorités depuis 1945.

Les disciplines de la scène, dont les élus et les fonctionnaires savent que leurs protagonistes animent volontiers le débat public, ont suscité maintes communications dans des colloques en France et à l’étranger, plusieurs ouvrages collectifs et articles de revues scientifiques, des conférences et à des réalisations de divers ordres. Un volumineux rapport, commandé par le ministre de la Culture, lui a été remis avec une base de données informatisée, fin 2005, à propos des relations que la production et la diffusion des spectacles entretiennent avec les ressources immatérielles, autrement dit avec la formation, l’expérience, la connaissance et la critique.

Les incursions dans le second domaine se sont raréfiées. Le rôle notoire que les écrivains et les artistes ont assumé dans les conflits de l’ex-Yougoslavie, sur le « théâtre des opérations » mais aussi parmi les observateurs, a cependant justifié des écrits dont la substance provient des contacts établis sur place avec des universitaires de Belgrade, Zagreb, Sarajevo et Pristina. Il s’agissait de déceler dans les modalités de l’engagement intellectuel, voire dans les formes de la représentation littéraire, théâtrale ou cinématographique, les facteurs et les effets des tensions qui se sont exacerbées dans les Balkans au nom de l’origine ou de l’identité. De même, les causes sociales, culturelles et linguistiques des affrontements civils en Algérie, compte tenu de leurs conséquences pour la France, avaient nourri un ouvrage collectif, réalisé avec des collègues des deux rives de la Méditerranée (Demain l’Algérie, E. Wallon & G. Ignasse [dir.], Paris : Syros, 1995).

L’intitulé de l’équipe d’accueil « Représentation, Recherches théâtrales et cinématographiques » (EA 3458, dirigée par Christian Biet) et la pluridisciplinarité la caractérisant en faisaient un cadre approprié à mes investigations. Cette équipe est devenue en 2009 un pilier de la nouvelle EA 4414, « Histoire des arts et des représentations », où je continue d’assurer mes responsabilités dans la conception et la mise en œuvre des programmes. La majorité des thèses que je dirige relèvent de l’École doctorale « Lettres, langues, spectacles », quelques unes étant néanmoins préparées au sein de l’École doctorale de « Sciences juridiques et politiques ».

Mes travaux les plus récents ont porté sur le renouveau du thème de l’éducation artistique dans le débat sur les politiques culturelles, sur les nouvelles modalités du soutien des puissances publiques à la création, sur le rôle des arts de la scène dans la perception de l’idée européenne, sur le développement des relations avec les publics et les contradictions de la médiation culturelle. Parmi les projets en cours, j’ai mis l’accent sur les transformations de la production, de la circulation et de la réception des œuvres d’art à l’ère de la numérisation.

J’avais esquissé les prémisses d’un tel programme dans un texte publié par Esprit en mai 2004. La réflexion sur les responsabilités publiques dans le domaine artistique, tout comme celle qui porte sur le devenir du spectacle vivant, exige d’affronter le débat théorique sur les implications des techniques et des usages répandus par l’essor des industries culturelles. C’est à ces nouveaux frais qu’il me semble possible de stimuler une pensée du rapport entre art et société, dont les redites risqueraient sinon de s’épuiser.

P.-S.

Télécharger ci-dessous la liste des activités et réalisations dans le domaine de la recherche de 2007 à 2012.

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