ReprésentationS
Accueil du site > Recherche > Conseils pour la recherche en sociologie politique

Conseils pour la recherche en sociologie politique

Master (M1 et M2) et Doctorat

lundi 3 avril 2006, par EW

EN BREF

• Enjeux - On n’engage pas un lourd travail de recherche pour aborder à un problème ou pour s’initier à une matière : il existe en général des livres déjà faits et même tout frais pour cela. On ne le fait pas davantage pour apprendre à disserter sur un problème : d’autres exercices (notes de synthèse, fiches de lectures, articles, communications de colloque) permettent d’atteindre ce résultat à moindre coût. On ne s’y adonne pas seulement pour exprimer des opinions d’ordre théorique, politique ou esthétique : un court essai, un pamphlet même remplirait cet office. On entreprend ce parcours pour ajouter de nouvelles pièces à la connaissance publique, sous le contrôle d’instances académiques bardées de critères rigoureux.

Quel que soit le niveau de recherche (M1, M2 ou doctorat), un mémoire universitaire doit aborder de manière originale un sujet encore inédit ou insuffisamment étudié. Nourri de faits avérés et de documents incontestés, il permet de faire l’état des savoirs disponibles dans un domaine délimité, mais il vise aussi à les étendre ou à les améliorer. A cette fin, la recherche suppose toujours l’exploitation de données (orales, écrites, chiffrées) recueillies de première main. Loin d’opposer la théorie à la pratique, il s’efforce de les confronter à travers des expériences et des cas précis. Il émet des hypothèses qu’il s’efforce de démontrer en produisant des preuves et des arguments. Le résultat de ce travail est soumis à l’évaluation d’un directeur de recherche, mais aussi de ses collègues et des futurs lecteurs. Une note accompagnée de commentaires (pour le mémoire de master), une mention assortie d’un rapport de soutenance (pour la thèse de doctorat) attesteront des capacités de l’étudiant à poursuivre ses recherches, à affronter des problèmes plus difficiles, ultérieurement à enseigner et encadrer à son tour d’autres travaux. Les futurs lecteurs du mémoire ou de la thèse y trouveront eux-mêmes des bases solides pour appréhender le sujet. Deux voies s’offrent à l’issue de la soutenance.

1) La poursuite d’une carrière de chercheur, à travers un M2 de recherche (par exemple en Sociologie politique comparative, en Sociologie de la culture ou en Études théâtrales), une école doctorale, puis un laboratoire, suppose un appétit avéré et des aptitudes attestées pour la collecte documentaire, la recension d’ouvrages, l’enquête de terrain, le travail sur archives et l’écriture. Elle implique l’espoir plus ou moins ferme de décrocher un jour un poste à l’Université ou au CNRS, à la faveur d’un concours, ou bien dans un Institut relevant d’un statut privé. Sauf cas exceptionnel, la thèse de doctorat n’y suffira pas. Il faudra la prolonger par des communications dans des colloques, des articles publiés dans des revues « à comité de lecture » et des ouvrages à vocation scientifique, sans négliger la première expérience d’enseignement qui peut surtout s’acquérir grâce au statut d’allocataire moniteur et d’assistant temporaire d’enseignement et de recherche (ATER).

2) L’insertion dans un autre environnement professionnel et la prise en charge de missions opérationnelles peuvent également passer par une phase de recherche. En M1, la réalisation d’un mémoire relatif au milieu visé permet d’ajouter une pièce consistante au dossier de candidature à un M2 professionnel, d’assimiler des informations stratégiques, de maîtriser une documentation et de constituer un carnet d’adresses. Le M2 de recherche lui-même peut être envisagé avec une semblable intention, dont l’étudiant avertira le directeur de mémoire afin qu’il adapte ses conseils à l’objectif d’emploi. Une thèse ne prélude pas obligatoirement à une carrière universitaire, surtout dans les disciplines où la concurrence pour les postes est rude. Le doctorant peut l’entreprendre tout en songeant à assumer des responsabilités d’un autre ordre, avec pour seule ambition d’étendre ses savoirs, de consolider ses méthodes, d’affirmer ses options théoriques. L’expérience se révélera positive si le sujet retenu conforte sa position sur son terrain de prédilection. Une publication couronnera peut-être ce dessein.

P.-S.

Pour lire la suite, télécharger la version PDF du document ci-dessous.

Voir aussi les "Conseils pour la recherche documentaire" de M.-H. Prévoteau" (BU de Paris-X) et les "Conseils pour la recherche en science politique" de B. Pudal (professeur à Paris X). A consulter également, la "Note sur la recherche documentaire en M1 de Science politique" (Paris X) et le Guide du doctorant (Ministère de l’Education nationale, 2005).

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0