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Emmanuel Wallon

Peut mieux faire - La difficile gestation d’un plan national pour l’éducation artistique

Article paru dans L’Observatoire, La revue des politiques culturelles, n°42, été 2013, OPC, Grenoble, p. 20 à 24.

samedi 13 juillet 2013

Le monde de Jules Ferry, auquel le chef de l’État élu en 2012 a tenu à rendre hommage dès sa prise de fonction, a bien changé. N’en déplaise à son prédécesseur, l’instituteur n’est plus tant concurrencé par le prêtre que par l’animateur de télévision, le concepteur de jeux vidéo ou l’animateur des réseaux numériques. Face à un tel choc générationnel, la nécessité d’une éducation artistique pour tous, de la maternelle à l’université, ne soulève plus guère d’objections dans le débat public, si ce n’est parmi ses partisans les plus scrupuleux qui tiennent à ce que la qualité des actions ne soit pas sacrifiée sur l’autel de la quantité.

Il s’agit en effet d’une question d’égalité, aussi bien devant l’art que devant l’éducation, sur laquelle une opinion républicaine ne saurait transiger. Une initiation qui s’est révélée profitable à l’épanouissement des enfants des classes aisées et instruites doit aussi bénéficier aux autres. La culture humaniste a été reconnue par la loi de 2005 comme l’un des sept piliers du « socle commun des connaissances et compétences », [1] car les pédagogues les moins suspects de laxisme ont fini par admettre que la sensibilité aux formes participe du processus de la cognition, donc de l’intellection. L’ambition de généraliser l’éducation artistique et culturelle, affirmée haut et fort par François Hollande qui en avait fait sa quarante-quatrième proposition de campagne,« Je lancerai un plan national d’éducation artistique, piloté par une instance interministérielle, dotée d’un budget propre, rattaché au Premier ministre. » [2] se heurte pourtant à des difficultés qui ne sont pas seulement d’ordre pratique. De sourdes résistances empêchent encore le consensus national qui s’est formé autour de cet objectif de se traduire dans les faits, les actes et les budgets. [3]

De l’expérience à l’exigence

Depuis plus une trentaine d’années, des expériences d’éducation artistique ont été menées par une génération de militants, en majorité issus du monde scolaire ou universitaire, qui n’ont pas ménagé leur peine pour construire des projets, monter des associations, évaluer des actions. Ces pionniers ne sont toujours pas désabusés, malgré les espoirs déçus et les promesses non tenues. En revanche ils se disent éreintés et inquiets des conditions dégradées dans lesquelles s’opère le passage de relais à la génération montante.

La constitution d’un consensus républicain autour du thème de l’éducation aux arts (et par les arts) n’a toujours pas permis la généralisation des actions. Celles-ci touchent bon an, mal an, de l’aveu du rapport issu de la consultation inaugurée par Aurélie Filippetti fin 2012, de 10 à 20% des élèves, [4] à peine davantage selon un rapport des inspections générales établi deux mois auparavant. [5] La pénétration des esprits s’est néanmoins effectuée peu à peu, cependant que des solutions territoriales se structuraient pas à pas.

Il reste beaucoup à entreprendre pour concrétiser les espérances levées par les discours publics et dissiper les inquiétudes répandues parmi les porteurs de projets. Le risque de passer à côté d’une échéance historique paraît sérieux. La crise de la dette et son corollaire, la disette budgétaire, entraînant une série de choix cornéliens et d’arbitrages tendus, expliquent la difficulté de l’exercice mais n’excuseraient pas que le « pacte pour la jeunesse, l’éducation et la culture », annoncé par François Hollande le 6 mai 2013 lors du séminaire gouvernemental de l’Élysée, soit vidé de sa substance.

Les conditions de la réussite

[…] Lire la suite de l’article et l’ensemble du dossier Dossier « Éducation artistique et culturelle : pour une politique durable » dans L’Observatoire, La revue des politiques culturelles, ), n°42, été 2013, 112 pages, OPC, Grenoble, p. 20 à 24.

P.-S.

- Consulter le sommaire de la revue sur le site de L’Observatoire des politiques culturelles de Grenoble.
- Télécharger ci-dessous le sommaire au format PDF.
- Télécharger ci-dessous l’article au format PDF (disponible seulement en octobre 2013).

Notes

[1] Loi n° 2005-380 d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école du 23 avril 2005.

[2] François Hollande, discours aux Biennales internationales du spectacle de Nantes, le 19 janvier 2012.

[3] Voir Pascal Collin, L’Urgence de l’art à l’école, Un plan artistique pour l’Éducation nationale, éditions Théâtrales, Paris, 2013, préface d’E. Wallon, p. 7 à 15.

[4] Cf. Rapport présenté au nom du comité de la consultation nationale « Pour un accès de tous les jeunes à l’art et à la culture » (du 21 novembre au 7 décembre 2012), présidé par Marie Desplechin, par Jérôme Bouët avec le concours de Claire Lamboley, Ministère de la Culture et de la Communication, janvier 2013, p. 20.

[5] Cf. Jean-Yves Moirin, Anne-Marie Le Guevel, Jean-Marc Lauret, État des lieux des dispositifs d’éducation artistique et culturelle, Inspection générale de l’éducation nationale, Inspection générale des affaires culturelles, Rapport à monsieur le ministre de l’éducation nationale madame la ministre de la culture et de la communication, octobre 2012, p. 20.

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